Les écrans philosophiques > Séminaire conçu et organisé avec la Maison populaire de Montreuil, le cinéma Le Méliès et le Collège international de philosophie.
mercredi 17 janvier 2007
Rainer Werner Fassbinder : cinéma de la reconstruction, cinéaste de la déconstruction
FILM > Le Secret de Veronika Voss (Die Sehnsucht der Veronika Voss)
de Rainer Werner Fassbinder (Allemagne, 1981, 1 h 45)
par Jean-Michel Durafour, agrégé de philosophie, enseignant en études cinématographiques à l’université de Lille III.
publications à paraître début 2007 : Millennium Mambo, éd. La Transparence et Howard Hawks cinéaste du retrait, éd. des Presses universitaires du Septentrion.
La « trilogie allemande » de Fassbinder s’inscrit, comme la plupart de ses autres films, dans le cadre des années de la reconstruction allemande et du post-hitlérisme. Ce qu’en retient Fassbinder est un théâtre de la décomposition, au sens quasi organique, d’une société corrompue par l’affairisme (Lola), la haine ordinaire (Tous les autres s’appellent Ali, Le Droit du plus fort), la nostalgie pathologique (Le Secret de Veronika Voss), etc.
Pour mettre en place un tel cinéma, Fassbinder a recours à un style, dont l’analyse est l’objectif premier de mon intervention sur le support du film projeté, qui pourrait relever en bien des points de ce que Jacques Derrida a appelé la déconstruction, ou plus précisément comme il la définit dans Psychè : « l’expérience aporétique de l’impossible ». C’est ainsi à un travail « d’impossibilisation », de ruine, mais aussi de décryptage du style classique, notamment hollywoodien, et donc d’hommage, que se livre le cinéma de Fassbinder pour rendre sa forme adéquate à son propos, refusant tout à la fois ce que l’on désigne comme le classicisme et la modernité.
Au cinéma Georges-Méliès Centre commercial M° Croix-de-Chavaux 93100 Montreuil
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