Documentaire sur Grand Écran
et MK2 Quai de Loire
présentent
tous les derniers lundis du mois à 20h30
"le rendez-vous des docs"
lundi 29 janvier 2007 - 20h30
Grizzly Man de Werner HERZOG
Invité : Emmanuel BURDEAU,
rédacteur en chef des Cahiers du cinéma
Grizzly Man de Werner Herzog
États-Unis, 2005, 35 mm, couleur, 103¹
Pendant quinze ans, sans aucune arme, Timothy Treadwell a vécu régulièrement au milieu des redoutables grizzlys sauvages d'Alaska. Les cinq dernières années, il a filmé tout ce qu'il vivait, réunissant ainsi des images exceptionnelles. En octobre 2003, il a été retrouvé avec sa compagne, à demi dévoré par ceux qu'il avait juré de protéger... Werner Herzog se penche sur les mystères de cette incroyable aventure. En effet, au-delà de la mort de Treadwell, sa vie fut une énigme. Pourquoi avait-il menti sur son passé ? Quels étaient vraiment ses buts ? Quelle invisible frontière séparant l'homme de l'animal a-t-il franchie ?
"Herzog a trouvé dans la forme documentaire l'antidote à son délire romantique. Sans renier son penchant pour la démesure, il a transformé une manière d'être en objet d'étude. Timothy Treadwell, l'homme qui a passé quinze étés parmi les grizzlys d'Alaska et a fini dévoré par ceux qu'il croyait comprendre et protéger, n'est pas moins allumé qu'Aguirre ou Fitzcarraldo. Mais loin de se mesurer à sa folie, Herzog la mesure. Être avec Treadwell, ce n'est pas l'accompagner au-delà de la frontière entre homme et nature, mais arpenter dans l'image la limite que le héros croyait refuser dans sa vie.
(...) De ses anciennes mises en scène démiurgiques, Herzog a gardé une mystique du tournage, passion bazinienne du réel et de la coprésence. Moquer la naïveté du romantique assagi serait pourtant négliger la principale qualité du film : l'absence totale d'ironie du cinéaste, la constance d'un premier degré qui gagne sur tous les tableaux. Sur le tableau moral : même s'il exprime son désaccord avec le délire fusionnel de Treadwell, Herzog reste fidèle jusqu'au bout à celui auquel il doit son film. Politique : le refus du second degré, alors que le sujet se prête volontiers au cynisme contemporain, fait de Grizzly Man une des plus fières utopies minoritaires du cinéma actuel. Esthétique : l'inconscience souveraine avec laquelle Herzog conduit son film, rend aux gestes de cinéma les plus rudimentaires une efficacité qu'on croyait oubliée."
Cyril Neyrat. Cahiers du cinéma n° 607 - décembre 2005
MK2 Quai de Loire
7, quai de Loire 75019 Paris
M° Jaurès Rens. : 08 92 69 84 84
Tarif pour tous : 6,90 euros / Tarif spécial adhérents DSGE : 5,60 euros
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