Du vendredi 7 mars au mardi 22 avril 2008
Sandrine Aourat tente de matérialiser des sensations, des atmosphères. Comme si la peinture naissait, précisément, de n’être qu’arbitrairement découpée dans le continuum qui, de partout, l’excèderait : Horizon a beau être une série de tableaux de tailles respectables, ils fonctionnent pourtant comme un prélèvement. Ses toiles sont rarement accidentées. L’artiste travaille la couleur tantôt de façon lisse, tantôt de façon plus brute. Là n’est pas le moindre paradoxe, car les toiles de Sandrine Aourat sont au premier chef cet espace qui nous domine et par rapport auquel nous devons trouver nos propres marques. Qu’en est-il donc de cette voluptueuse fluidité dont tout nous dit (à commencer par le mot Horizon) qu’il n’est question que de courants, de dérives, de ciels. Ces conjugaisons de techniques traduisent avec force un état tourmenté de la nature. En éliminant toute représentation du réel, il y a une détermination onirique à faire parler la couleur qui possède par elle-même toute une force évocatrice. La couleur devient langage. Qu’en est-il, encore, de cette rivière de peinture dont les effets d’affleurement parlent, à l’inverse, de profondeur, à tout le moins de recouvrement, et, sans doute, plus subtilement, d’immersion ? Les zones peintes ne se révèlent ni homogènes, ni monochromes, les lignes qui les rapprochent (ou qui les réunissent) sont animées de nombreux accidents, qui sont autant d’indices sur l’incertain traitement du support. Le phénomène est particulièrement sensible le long des limites qui dessinent le bord des surfaces peintes. L’appui momentané, le frôlement, l’idée de couvrir et celle d’enlever, le fait de déposer ou de retenir les pigments, la précision des niveaux d’opacité vibrent intérieurement d’une intensité colorée à nulle autre pareille. On peut croire alors que le tableau a une dimension narrative, que sa composition résulte de la notation symptomatique d’une expérience qui lui confèrerait une vraisemblance pragmatique. Peut-on affirmer, pour autant, que ces tableaux achevés, correspondent nécessairement à la jubilation qui peut être la nôtre ? Car, c’est d’un voyage mental qu’il est question, d’un locus passionnément construit par l’artiste pour fixer un certain accord ressenti et mémorisé avec la lumière. Une exposition exceptionnelle.
Albert Saurratte
Rue F.Jammes 65100 Bourréac
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E-mail :
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Site web :
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